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La mort approche, et sa rumeur:
Frère, Ami, Ombre, que t'importe ?
La mort est notre seule porte
Pour sortir d'un monde où tout se meurt.
Marguerite Yourcenar, 1963, in les charités d'Alcippe

Nous sommes tous des poètes
C'est la vie qui baillonne nos rêves et leur brise les reins
Rue de la grande truanderie, juillet 1980

Le vrai contact entre les êtres ne s'établit que par la présence muette,
par l'apparente non-communication,
par l'échange mystérieux et sans parole
qui ressemble à la prière intérieure.
Cioran , De l'inconvénient d'être né, in Oeuvres, coll. Quarto, éd. Gallimard, p. 1274

"Tu viens mon aimée -
Voici la Nuit -
Le jour terrestre s'éteint -
Mon âme entière s'exalte,
Tu es mienne à nouveau.
Je contemple tes yeux sombres et profonds -
Tout en toi n'est qu'amour et bonheur."
Friedrich Freiherr von Hardenberg dit Novalis

«Les hommes craignent la vérité parce qu’une seule étincelle de vérité formulée et vécue en fait éclore d’autres […].»
Wilhelm Reich, Le Meurtre du Christ (Éditions Champ libre, 1971).

«La solitude, c’est le chemin du suicide, du moins c’est le chemin de la mort».
Drieu la Rochelle

« Certes, ce que n’a pas la mer, je l’ai : le tourment ininterrompu des intentions passées et du travail futur, de mes différentes aspirations insatisfaites ; la conscience de ma nullité en ce monde qui vit autant par l’action que par la pensée et l’art ; la conscience de ma vie qui se consume dans on ne sait quelle attente. Dans l’illusion d’une formation progressive qui n’existe pas, d’une accumulation qui ne se produit pas sinon comme celle du sable que les flots charrient et dispersent de nouveau. »
Lette de Carlo Michelstaedter à Gaetano Chiavacci, 4 août 1908, in Épistolaire (Éditions de L’Éclat, 1990).

Non, si j’en crois mon espérance,
J'attends un meilleur avenir.
Je serai malgré la distance
Près de vous par le souvenir.
Errant sur un autre rivage,
De loin je vous suivrai,
Et sur vous si grondait l’orage,
Rappelez-moi, je reviendrai.
Michaïl Lermontov

Je sais la force des mots, la force des mots-tocsin.
Pas de ceux-là, qui savent ravir les foules.
Des autres, qui de terre feraient sortir les morts,
et les cercueils défilent d'un pas de chêne sonore.
Souvent, ni lus, ni imprimés, les mots tombent au panier,
Mais ils en sortent et ils galopent le mors aux dents,
tonnant pendant des siècles, et les trains viennent en rampant,
lécher leurs mains calleuses.
Je sais la force des mots. Moins que rien.
Moins que des pétales sous le talon d'une danse.
Et l'homme pourtant, de toute son âme, des lèvres, de la carcasse...
Maïakovski - Oeuvres posthumes (Traduction d' Elsa Triolet)

Je ne suis rien
Jamais je ne serai rien.
Je ne puis vouloir être rien.
Cela dit, je porte en moi tous les rêves du monde.
Pessoa

Au revoir, mon ami, au revoir,
Mon cher ami, tu es là dans ma poitrine.
Cette séparation prédestinée
Nous promet de futures retrouvailles.
Au revoir, mon ami, sans poignées de main, ni paroles,
ne t’attriste pas, ne fronce pas les sourcils,
Dans cette vie, il n’est guère nouveau de mourir.
mais vivre n’est certes pas plus nouveau !
Serge Essénine , le 27 décembre 1925

" Et toi mon coeur pourquoi bats-tu ?
Comme un guetteur mélancolique
J'observe la nuit et la mort"
(Apollinaire)

Je bois : eau/café/thé
(mis à jour mercredi 23 janvier 2008 à 16:24)

29/11/2006

29/11/06 - 18:31

Pour deux amis



" Qu'importe de quoi parlent les lèvres,
lorsqu'on écoute les coeurs se répondre."


Alfred de Musset, in La Confession d’un enfant du siècle



" Personne ne peut fuir son coeur.
C'est pourquoi il vaut mieux écouter ce qu'il dit. "


Paulo Coelho , in L’Alchimiste


27/11/2006

27/11/06 - 18:17

25 novembre 1970- Mort du dernier Samouraï






Le matin du 25 Novembre 1970,

Mishima, accompagné de 4 membres de la Société du bouclier, pénètre au quartier général des forces d'autodéfense et prend en otage le chef de corps. Mishima réclame alors l'écoute des militaires et des journalistes spécialement convoqués. Il réclame la mobilisation des forces en présence pour la restauration du Japon traditionnel. Une fois ce discours prononcé, Mishima se retire et effectue Seppuku.

LA BIOGRAPHIE DE YUKIO MISHIMA
Kimitake Hiraoka est issu d'une famille de paysans. Enfant, il vit surtout avec sa grand-mère, issue d'une ancienne lignée de samouraïs. Ses contacts avec l'extérieur sont réduits. A l'âge de 5 ans, Kimitake compose ses premières poésies. L'enfant est décrit comme fragile, effacé, subissant le joug d'une grand-mère autoritaire, qui lui transmet néanmoins la passion du théâtre traditionnel, le Kabuki. Dés 1937, il fréquente des cercles littéraires et se fait remarquer par ses professeurs. En 1941 il publie son premier roman 'La forêt tout en fleurs' et adopte son pseudonyme. Rentré à l'Université en 1944, sous la pression de son père, il est réquisitionné dans un bureau jusqu'à la fin de la guerre, et peut ainsi écrire. Après la reddition, il fréquente un groupe de jeunes écrivains, 'Littérature moderne', au sein duquel il se sent un peu 'anachronique' de par son écriture 'traditionnelle'. En 1946, il rencontre Kawabata qui devient son ami et lui permet de publier au sein de la revue littéraire 'Ningen'. En 1949, 'Confessions d'un Masque' paraît et remporte un franc succès. Mishima devient un écrivain reconnu. Dans les années 1960, il se met à prôner le mode de vie et les valeurs des samouraïs. Son nationalisme est virulent. En 1970, il se fait hara-kiri en signe de protestation.

> Un tradionnaliste
Mishima exprime dès 1966 son attachement au japon traditionnel, et donc au nationalisme. Il écrit ainsi plusieurs ouvrages sur ce thème, dont 'Patriotisme'. La parution de cet ouvrage vaudra quelques mouvements d'opposition. L'écrivain Kenzaburo Oe s'opposera à la vision de Mishima en écrivant lui-même '17', un livre prônant une position radicalement opposée à celle de Mishima.

> Still alive
En 2005, Mishima est encore dans l'actualité, avec la sortie en DVD de son court-métrage 'Patriotisme' (1966).

> Un écrivain "engagé"
En 1967, Mishima s'engage dans les 'Forces d'Autodéfense du Japon' (JSDF) afin de se rapprocher du style de vie 'samouraï'. En 1968, il prolonge son action en fonde la 'Société du bouclier', sorte de milice privée qu'il voue à la protection de l'empereur.

> Ambiguïtés d'un masque
En 1958, Yukio Mishima se marie avec Yoko Sugiyama, la fille d'un peintre traditionnel renommé de l'époque. Il est cependant notoire que l'écrivain était homosexuel. De ce mariage, il aura tout de même deux enfants : une fille, Noriko en 1959, et un fils Lichiro, en 1962.

> Un écrivain sportif !
Dès le début des années 1950, Mishima se soucie de son corps : il pratique la boxe (il aurait perdu tous ses matchs), se passionne pour le Kendo et suivra, jusqu'à sa mort, un régime draconien.

27/11/06 - 18:04






Au tribunal d'amour, après mon dernier jour,
Mon coeur sera porté diffamé de brûlures,
Il sera exposé, on verra ses blessures,
Pour connaître qui fit un si étrange tour,

A la face et aux yeux de la Céleste Cour
Où se prennent les mains innocentes ou pures ;
Il saignera sur toi, et complaignant d'injures
Il demandera justice au juge aveugle Amour :

Tu diras : C'est Vénus qui l'a fait par ses ruses,
Ou bien Amour, son fils : en vain telles excuses !
N'accuse point Vénus de ses mortels brandons,

Car tu les as fournis de mèches et flammèches,
Et pour les coups de trait qu'on donne aux Cupidons
Tes yeux en sont les arcs, et tes regards les flèches.

Agrippa d’Aubigné, in l’Hécatombe de Diane

20/11/2006

20/11/06 - 00:32




Aux chers amis

cette belle image de Hansi

pour vous dire simplement
que je suis en vacance
dans la belle et heureuse Alsace, si chère à mon coeur

19/11/2006

19/11/06 - 12:10

Vous vous plaignez d'être blacklisté

Pourtant en d'autres posts,
vous vous vantez sans cesse d'être l'être le plus détesté de GA.
Cela devrait donc vous plaire. Apprenez à être cohérent.

De fait, vous êtes le seul que j'ai "blacklisté", en opposition à mes habitudes.

Tout simplement,

vos commentaires simplistes
vos injures
vos propos orduriers permanents
vos interventions de bonne conscience à géométrie variable
votre façon de sortir des paroles ou des mots de leur contexte pour leur faire dire ce que vous désirez
vos lynchages systématiques et publics des gens qui ne vous plaisent pas et qui ne vous ont rien fait

m'insupportent et je ne vous reconnais plus le droit d'intervenir à tout bout de champ sur MON blog, que cela vous plaise ou non, peu m'importe.

De toute façon, en lisant votre portrait, vous annoncez la couleur puisque vous y signalez que votre présence sur ce GA est d'embêter 2 ou 3 personnes.
Soyez content ! Vous y réussissez très bien !
Alors, pourquoi vous plaignez-vous ?

Tiens, au fait, pourquoi étiez-vous content de me trouver pour vous soutenir quand on attaquait durement et bien injustement un de vos amis ?

19/11/06 - 08:46

Réponse à L'inconnu






Cher Inconnu

Puisque vous avez l'amabilité de m'interpeler, je puis vous rassurer. Je ne suis et n'ai jamais été adepte des théories fumeuses et nauséabondes, développées en des temps, que vous connaissez bien, par les sieurs Hitler et Mussolini et malheureusement mises en application dans une période de ténèbres où l'on pouvait se croire abandonné de Dieu.

Malgré les positions défendues en ces temps-là par certains membres de l'institution ecclésiale vaticane en France et à l'étranger, je partage pleinement les positions expriméee par le cardinal Gerlier à Lyon et le témoignage chrétien que vous citez si justement. Je ne puis accepter des attitudes xénophobes et racistes comme l'a défendu, dans une position extrême, Mgr Mayol de Luppé, qui a appartenu à la Légion française.

Tous mes actes politiques, même si je revendique une nostalgie de temps anciens, sont tournés, dans mon pays, contre les résurgences fascisantes. je les combat vivement et dans mes écrits (je suis rédacteur en chef d'un journal, dont je peux si vous l'estimez nécessaire, vous fournir la teneur de mes éditoriaux qui ne vous laisseront aucun doute sur l'ampleur de mon opposition) je les stigmatise et je souligne fermement les dangers qui nous guettent aujourd'hui.

Ma famille, en ces temps-là, s'est engagée dans les réseaux de résistance les uns communistes et les autres monarchistes et certains se sont trouvés dans les camps de concentration dont, heureusement, ils sont revenus.

Il est vrai, aussi, pour être complet, que d'autres ont combattu avec les agresseurs et reconnaissent aujourd'hui les abominables erreurs commises alors. Leur jeunesse est l'excuse qu'ils invoquent pour s'être laissés emportés dans cette folie meurtrière.

J'ai l'honneur aussi de compter parmi ma famille et mes amis de nombreux juifs qui ,eux, ont laissé sur la terre d'Auschwitz les cendres de leur famille déportée. Comme vous le constatez, rien n'était simple en ces périodes troublées.

Je ne veux en aucun voir revenir ces temps-là mais je me refuse à utiliser les outils que les nazis utilisaient: le délit de sale gueule, la délation , la dénonciation, le lynchage public, l'injure. Et je préfère, sans doute estimerez-vous que je suis naïf, la discussion, la confrontation ouverte.

Même si je professe des idées anticommunistes (ma famille a là aussi payé un très lourd tribut- 85 % des miens ont été assassinés par les soviets dans des conditions tout aussi atroces mais certainement moins médiatiques), même si je suis ataviquement monarchiste, même si je suis profondément chrétien,
et pour cela,
je ne me ferai pas l'apologiste du bréviaire de haines des extrêmes qu'elles soient de gauche et de droite.

Mais je le répète, je me refuse à exclure une personne, un être, comme moi; unique, comme je le suis, sous quelque prétexte que ce soit.

J'ai discuté, au sein de ce petit cercle, avec des extrêmes; je les accepte parce qu'ils sont mes semblables, mes égaux; parce qu'ils ont le droit, eux-aussi, de s'exprimer et d'exister, même si c'est dans la haine , l'exclusion, la violence. A nous de trouver les moyens de les neutraliser ou de les renvoyer à leurs extrêmes, mais ce ne sera pas par l'injure, la grossièreté, le refus du dialogue.

Une des personnes qui semble être au centre de ces turbulences, d'autres pourraient y être comptés aussi, met en évidence des références artistiques et littéraires qui, pour une bonne part, me plaisent: j'aime les romans de rebatet, de céline, l'art de Brecker, de léni riefenstahl. Ce n'est pas pour cela que je suis nazi, que je partage les positions politiques qu'ils ont défendues. je lis Brasillach dont les anthologies de poésie sont encore aujourd'hui des références. je ne me sens pas pour autant nazi, je ne partage pour autant leurs actes politiques.
j'écoute Oum Khalsoum, ce n'est pas pour autant que je suis antisémite ou opposé à l'état d'Israël. je lis avec ferveur et admiration Aragon, je ne me sens pas pour autant communiste.
J'aime l'art de von Karajan, de Schwartzkopff, de Fürtwangler, de Wagner, je ne suis pas nazi pour autant.
Je sépare l'Art et le comportement politique.
je dirais, pour terminer, que, de fait, faire une référence admirative à Rôhm me pose un réel problème mais j'en discuterai avec la personne concernée.

Mais, puisqu'on en est là,
je suis choqué des attaques injurieuses et ordurières menées par certains contre des personnes parfaitement honorables qui se reconnaissent dans la droite.
Il n'y a aucune honte à cela, il n'y a pas de honte non plus à être chrétien.
Les commentaires permanents injurieux, je le répète, ne sont pas dignes de la démocratie dont ces mêmes gens se revendiquent à tue-tête tout en ne la respectant pas.

La droite, en tout cas dans mon pays, a très souvent été à la pointe de la lutte sociale et de ses revendications pour une meilleure condition de la classe ouvrière. Elle a été bien souvent à l'origine des grandes lois sociales de mon pays. je me revendique de l'action de Mgr Cardijn, bien entendu chez nous. je ne permet pas de juger la France, qui n'est pas mon pays.

Je ne partage pas les idées du libéralisme et du grand capital international ni de cette mondialisation qui leur fait la part trop belle.

Bon, je vais arrêter ici mon propos qui, j'espère, aura le mérite de vous rassurer sur mes intentions réelles, si vous prenez le temps de le lire, bien entendu.

18/11/2006

18/11/06 - 18:13

Rimes riches à l’oeil





Alphonse Allais par Sem (1900)

Rimes riches à l’oeil

L'homme insulté‚ qui se retient
Est, à coup sûr, doux et patient.
Par contre, l'homme à l'humeur aigre
Gifle celui qui le dénigre.
Moi, je n'agis qu'à bon escient :
Mais, gare aux fâcheux qui me scient !
Qu'ils soient de Château-l'Abbaye
Ou nés à Saint-Germain-en-Laye,
Je les rejoins d'où qu'ils émanent,
Car mon courroux est permanent.
Ces gens qui se croient des Shakespeares
Ou rois des îles Baléares !
Qui, tels des condors, se soulèvent !
Mieux vaut le moindre engoulevent.
Par le diable, sans être un aigle,
Je vois clair et ne suis pas bigle.
Fi des idiots qui balbutient !
Gloire au savant qui m'entretient !

Alphonse Allais (1854-1905)

18/11/06 - 09:26






L'art nous délivre de façon illusoire, de cette chose sordide qu'est le fait d'exister... En art, il n'y a pas de désillusion,
car l'illusion s'est vue admise dés le début. Le plaisir que l'art nous offre ne nous appartient pas, à proprement parler :
nous n'avons donc à le payer ni par des souffrances, ni par des remords...
Par le mot art, il faut entendre tout ce qui est cause de plaisir sans pour autant nous appartenir : la trace d'un passage,
le sourire offert à quelqu'un d'autre, le soleil couchant, le poème, l'univers objectif. Posséder c'est perdre. Sentir sans posséder,
c'est conserver, parce que c'est extraire de chaque chose son essence.


Pessoa

17/11/2006

17/11/06 - 18:15

In Memoriam






Le retour de Louis XVIII

Air : j’ai vu partout dans mes voyages.

Français ! De notre délivrance
Nous voyons luire l’heureux jour.
A Louis le ciel rend la France,
Et rend Louis à notre amour.
De nos fils il brise la chaîne :
Ils suivent ses pas triomphants :
Ainsi , son retour nous ramène
Et notre père et nos enfants.

Des maux passés, par ce bon maître,
Dédommagés dans l’avenir,
Nos fils seront heureux de naître
Autant qu’ils l’étaient de mourir.
Tendres époux, jeunes ménages,
Par Louis au bonheur rendus,
Multipliez donc vos images,
Pour lui donner des cœurs de plus.

Enfans, qu’il rend à l’espérance,
Vous, que ce bon prince a sauvés,
Vouez à la reconnaissance
Les beaux jours que vous lui devez.
Sur nous vous aurez l’avantage,
Et, grâces à vos jeunes ans,
Ne pouvant l’aimer davantage,
Vous pourrez l’aimer plus longtems.

Vous, qu’on voit généreux et justes,
Vainqueurs et non conquérans,
Vous recevrez, princes augustes,
Le prix de vos nobles présens.
Au Roi vous rendez sa couronne ;
Mais l’amour nous rend vos sujets :
Qui remet Louis sur son trône,
Pour trône a tous les cœurs français

In le Chansonnier des amis du Roi et des Bourbons

Recueil des chansons et autres pièces mises au jour, tant en l’absence de LOUIS LE DESIRE, que depuis son heureux retour à Paris

A Lille, chez Castiaux, Librairie Grande Place

17/11/06 - 12:44





Machado


Jamais je n'ai cherché la gloire
Ni voulu dans la mémoire
des hommes
Laisser mes chansons

Mais j'aime les mondes subtils
Aériens et délicats
Comme des bulles de savon.
J'aime les voir s'envoler,
Se colorer de soleil et de pourpre,
Voler sous le ciel bleu, subitement trembler,
Puis éclater.

A demander ce que tu sais
Tu ne dois pas perdre ton temps
Et à des questions sans réponse
Qui donc pourrait te répondre?
Chantez en coeur avec moi:

Savoir? Nous ne savons rien
Venus d'une mer de mystère
Vers une mer inconnue nous allons
Et entre les deux mystères
Règne la grave énigme
Une clef inconnue ferme les trois coffres
Le savant n'enseigne rien, lumière n'éclaire pas
Que disent les mots?
Et que dit l'eau du rocher?

Voyageur, le chemin
C'est les traces de tes pas
C'est tout; voyageur,
il n'y a pas de chemin,
Le chemin se fait en marchant
Le chemin se fait en marchant
Et quand tu regardes en arrière
Tu vois le sentier que jamais
Tu ne dois à nouveau fouler

Voyageur! Il n'y a pas de chemins
Rien que des sillages sur la mer.
Tout passe et tout demeure
Mais notre affaire est de passer
De passer en traçant
Des chemins
Des chemins sur la mer


Antonio Machado

17/11/06 - 12:25

Haiku de Yamaguchi Sodô (1642-1716)



Sous la lune brillante

Je rentre chez moi en compagnie

De mon ombre

Haiku de Yamaguchi Sodô (1642-1716)

17/11/06 - 08:43

Le prix Constantin 2006


Le prix Constantin 2006

revient à

Abd al Malik
Rappeur français
Né à Paris le 14 mars 1975

Pour son album Gibraltar






D'origine congolaise, - de son vrai nom Régis - vit à Brazzaville une partie de son enfance. Il arrive en France en 1981, et s'installe avec sa grande famille - il a six frères et soeurs - à Strasbourg, dans un quartier difficile. Après le divorce de ses parents et malgré une scolarité brillante, Régis tombe dans la délinquance. Alors chrétien convaincu, il se convertit à l'islam à l'âge de seize ans, prend le nom d'Abd al Malik et fréquente les milieux extrémistes. Il commence une carrière dans le rap avec le groupe N.A.P. (pour New African Poets), dont la notoriété devient bientôt nationale avec les albums 'La Racaille sort un disque' puis 'La Fin du monde'. Ces succès alertent les responsables religieux d'Abd al Malik qui ne lui permettent de continuer ses activités artistiques que s'il présente préalablement ses textes à un comité. En plein doute, il découvre le soufisme, qui répond à toutes les questions qu'il se pose. Il découvre que l'islam est aussi une religion de tolérance et devient alors militant de la paix. Il raconte ce renouveau spirituel dans le livre 'Qu'Allah bénisse la France', paru en 2004. Il sort un dernier opus avec N.A.P. - 'A l'intérieur de nous' - avant de se lancer dans une carrière solo avec 'Le Face-à-face des coeurs' en 2004, et enfin 'Gibraltar' en 2006, album de la consécration. Abd al Malik, rappeur au grand coeur, prouve à sa manière que l'amour est la plus belle des quêtes.

17/11/06 - 08:39

Le Prix Constantin 2006





Le Prix Constantin 2006 :
Créé en 2002, le Prix Constantin récompense les nouveaux artistes qui ont marqué l'année par leur talent et originalité à l'image de Philippe Constantin, grand découvreur d'artistes et directeur artistique emblématique..
Le Prix Constantin, inspiré du Mercury Music Prize britannique se veut être un véritable tremplin médiatique et commercial mettant en valeur la qualité et la diversité de la production musicale française de l'année.

Bernard Lavilliers est le Président du jury 2006
L’année dernière c’est Camille qui remportait le Prix 2005 avec son album Le Fil, la chanteuse succédait ainsi à Avril (2002), Mickey 3 D (2003) et Cali (2005).

Sélection 2006

Abd Al Malik - Gibraltar
Anis - La chance
Ayo - Joyful
Clarika - Joker
Emily Loizeau - L'autre bout du monde
Grand Corps Malade - Midi 20
Jehro - Jehro
Katerine - Robots après tout
Olivia Ruiz - La femme chocolat
Phoenix - It's Never Been Like That






15/11/2006

15/11/06 - 19:39

À Licinius — D'après l'ode II.10 d'Horace —

Voilà qu'elle est ma philosophie de vie et de pensée





À Licinius — D'après l'ode II.10 d'Horace —


C'EST suivre la voie de la vertu, Licinius, que de ne pas toujours chercher à s'aventurer en haute mer comme de ne pas serrer de trop près, dans la crainte des tempêtes, un rivage peu sûr.

Quiconque choisit la règle d'or du juste milieu se préserve, pour sa sécurité, du misérable toit délabré et, dans sa modération, du palais trop envié.

Le pin le plus haut est celui qui est le plus souvent secoué par les vents, les hautes tours sont celles qui s'écroulent le plus lourdement et ce sont les sommets des montagnes que frappe la foudre.

Celui qui a l'âme bien préparée, dans l'adversité, il espère ; dans la prospérité, il craint un sort contraire. Jupiter qui ramène le détestable hiver le chasse aussi.

Il n'est pas dit, si nous vivons actuellement une période difficile, qu'il en sera de même un jour futur. Parfois, de sa cithare, Apollon réveille la Muse silencieuse, il ne tend pas toujours son arc.

Dans les épreuves montre-toi courageux et fort, mais aie aussi la sagesse de réduire ta voilure lorsque l'arrondit un vent trop favorable.

( Trad. D. E. )

15/11/06 - 19:32


"Parler pour ne rien dire et ne rien dire pour parler sont les deux principes majeurs et rigoureux de tous ceux qui feraient mieux de la fermer avant de l'ouvrir"
Pierre Dac, les pensées


Deux choses sont infinies : l'univers et la bêtise humaine, en ce qui concerne l'univers, je n'ai pas acquis la certitude absolue.
Einstein

Si l'on jugeait les choses sur les apparences, personne n'aurait jamais voulu manger un oursin.
Marcel Pagnol

Si tous ceux qui disent du mal de moi savaient ce que je pense d'eux, ils en diraient encore bien plus !
Sacha Guitry

De tous ceux qui n'ont rien à dire, les plus agréables sont ceux qui se taisent
Pierre Desproges

Le fait que le monde soit peuplé de crétins permet à chacun de nous de ne pas se faire remarquer.

Il existe deux types de gens : ceux qui divisent les gens en deux catégories, et les autres.

15/11/06 - 19:11

À Leuconoé — D'après l'ode I.11 d'Horace —


Pour deux amis





À Leuconoé
— D'après l'ode I.11 d'Horace —

Ne cherche pas à savoir, Leuconoé, quelle fin les dieux ont assignée à l'un ou à l'autre. Cette connaissance nous est interdite. N'interroge plus ces nombres magiques venus de Babylone.

Comme il est préférable d'accepter ce qui doit arriver, que Jupiter nous accorde encore bien d'autres hivers, ou que notre dernier soit celui-ci qui voit maintenant la mer Tyrrhénienne déferler sur les brisants du rivage.

Tu ferais bien mieux de remplir nos coupes de vin léger et de réduire tes lointaines espérances à la mesure de notre courte durée.

Pendant que nous parlons, le temps jaloux a fui. Cueille donc le jour présent, sans trop te fier au lendemain.

( Trad. D. E. )

15/11/06 - 07:46

FÊTE DU ROI - FÊTE DE LA DYNASTIE







La « Fête du Roi » est célébrée le 15 novembre depuis 1866. Il s'agit de la fête patronymique de Léopold (calendrier germanique) et d'Albert (calendrier général). Le Roi Baudouin a souhaité ne pas changer cette tradition, tout comme son frère le Roi Albert II, notre actuel souverain et sixième roi des Belges.

L'appellation "Fête de la Dynastie" avait été utilisée lors de la Régence du Prince Charles, frère du Roi Léopold III.

Traditionnellement, un Te Deum est chanté à la cathédrale des Saints Michel et Gudule en présence de la famille royale, le roi excepté. La pratique veut, en effet, que le roi n'assiste pas à sa propre fête.

Depuis 2001, le traditionnel Te Deum est toujours chanté, comme cérémonie privée.
Le Parlement fédéral (chambre et Sénat) rassemble les principaux représentants de la société civile pour une cérémonie d'hommage au Roi, en présence de membres de la famille royale et de hauts dignitaires du pays. Les ministères fédéraux sont fermés ce jour.

Ce 15/11/2006- Fait exceptionnel

A l’occasion du 175e anniversaire de la Monarchie,

Le Te Deum est chanté en la cathédrale des Saints Michel et Gudule à Bruxelles en présence du Roi et de la Reine et de la Reine Fabiola, Le Prince Philippe, La Princesse Mathilde, La Princesse Astrid, Le Prince Lorenz, Le Prince Laurent, La Princesse Claire

Fête du Roi - Palais de la Nation

A l’occasion des 175e anniversaires de la Monarchie et de la Constitution, cérémonie organisée au Palais des Nations par la Chambre des Représentants, le Sénat et le Gouvernement Fédéral.
En présence du Roi, La Reine, Le Prince Philippe, La Princesse Mathilde, La Princesse Astrid, Le Prince Lorenz, Le Prince Laurent, La Princesse Claire

Fête du Roi - Cérémonie militaire d'hommage

A l’occasion de la Fête du Roi, une cérémonie militaire d’hommage se déroule en début d’après-midi, devant le perron du Palais Royal, avec la participation d’un Détachement de la Garde d’Honneur. Au cours d’une parade solennelle de remise de la garde en présence du Fanion de Commandement du Roi porté par le 2e Régiment de Grenadiers, le Commandant du Détachement du "1ste Regiment Jagers te Paard-Gidsen" prononce, au nom du personnel de la Défense, le message que les unités adressent traditionnellement au Roi en cette occasion.

VIVE LE ROI !!!


14/11/2006

14/11/06 - 20:21

In memoriam, la guerre 14-18- A la Belgique





Photo prise en 14-18 dans les tranchées d'Ypres par mon grand-oncle, lieutenant-général, aide de camp de SM le Roi Albert I



A la Belgique

Hélas, depuis les jours des suprêmes combats,
Tes compagnes sont la frayeur et l'infortune ;
Tu n'as plus pour pays que des lambeaux de dunes
Et des plaines en feu sur l'horizon, là-bas.

Anvers et Gand et Liége et Bruxelles et Bruges
Te furent arrachés et gémissent au loin
Sans que tes yeux encor vaillants soient leurs témoins
Ni que tes bras armés encor soient leur refuge.

Tu es celle en grand deuil qui vis avec la mer
Pour en apprendre à résister sous les tempêtes
Et tu songes et tu pleures, mais tu t'entêtes
Dans la terreur et dans l'orgueil de tes revers.

Tu te sens grande immensément, quoique vaincue,
Tu fus loyale et claire et ferme, comme au temps
Où l'honneur sous les cieux s'affirmait éclatant
Où la gloire valait vraiment d'être vécue.

Ton pauvre coin de sol où demeure debout,
Face à l'orage, un roi avec sa foi armée,
Tu le peuples encor de canons et d'armées,
Pour le tenir tragiquement jusques au bout.

Tu te hausses si haut que tu es solitaire
Dans la gloire, dans la beauté, dans la douleur
Et que chacun t'exalte et t'admire en son coeur,
Comme un peuple jamais ne le fut sur la terre.

Qu'importe à cet amour l'angoisse de ton sort
Et qu'Ypres soit désert, et Dixmude, ruine,
Et qu'aussi vide et creux qu'une sombre poitrine,
S'élève au fond du soir l'immense beffroi mort.

A l'heure où cette cendre est encor la Patrie
Nous l'aimons à genoux avec un tel élan
Que de chacun des murs saccagés et branlants,
Nous baiserions la pierre éclatée et meurtrie.

Et si demain l'homme allemand sournois et fou
Achevait de te mordre en son étreinte blême,
Douce Belgique aimée, espère et crois quand même :
Ton pays mis à mort est immortel, en nous.

Emile Verhaeren, in les ailes rouges de la guerre

14/11/06 - 19:21

L’Amour


Charles Baudelaire :

Mme Desbordes-Valmore fut femme, fut toujours femme et ne fut absolument que femme : mais elle fut à un degré extraordinaire l'expression poétique de toutes les beautés naturelles de la femme...








L’Amour

Vous demandez si l'amour rend heureuse;
Il le promet, croyez-le, fût-ce un jour.
Ah! pour un jour d'existence amoureuse,
Qui ne mourrait? la vie est dans l'amour.

Quand je vivais tendre et craintive amante,
Avec ses feux je peignais ses douleurs:
Sur son portrait j'ai versé tant de pleurs,
Que cette image en paraît moins charmante.

Si le sourire, éclair inattendu,
Brille parfois au milieu de mes larmes,
C'était l'amour; c'était lui, mais sans armes;
C'était le ciel. . . qu'avec lui j'ai perdu.

Sans lui, le cœur est un foyer sans flamme;
Il brûle tout, ce doux empoisonneur.
J'ai dit bien vrai comme il déchire une âme:
Demandez-donc s'il donne le bonheur!

Vous le saurez: oui, quoi qu'il en puisse être,
De gré, de force, amour sera le maître;
Et, dans sa fièvre alors lente à guérir,
Vous souffrirez, ou vous ferez souffrir.

Dés qu'on l'a vu, son absence est affreuse;
Dés qu'il revient, on tremble nuit et jour;
Souvent enfin la mort est dans l'amour;
Et cependant. . . oui, l'amour rend heureuse

14/11/06 - 19:01

Intronisation à Washington de la première femme primat de l'Eglise épiscopale américaine

L'Eglise épiscopalienne américaine serait-elle en avance de quelques millénaires ?

Elle a intronisé le premier évêque homosexuel, vivant en couple officiellement
Elle a choisi la 1ère femme Primat, qui me semble être une femme, océanographe, mariée, mère, assez remarquable !

En orthodoxie, nous avons deux clergés, que l'on nomme simplement le clergé noir et blanc. L'un, marié, plus proche des fidèles et l'autre, moine, qui accède aux fonctions de métropolite, patriarche.
N'est-ce pas plus simple ?




Katharine Jefferts Schori

La première femme primat de l'Eglise épiscopale américaine, Katharine Jefferts Schori, a été intronisée lors d'une cérémonie à la cathédrale de Washington, en présence de quelque 3.000 fidèles.
Mariée depuis 25 ans et mère d'une fille pilote dans l'Armée de l'air, cette femme de 52 ans, océanographe et pilote, était jusqu'à présent évêque du diocèse du Nevada (ouest). Elle a été élue en juin première femme chef de l'Eglise anglicane américaine, regroupant 2,3 millions de membres. Cette Eglise est notamment divisée par la désignation en 2003 d'un évêque homosexuel, Gene Robinson.
Mme Schori s'est déclarée favorable à l'ordination d'homosexuels et à la bénédiction d'unions entre personnes du même sexe, mais a souligné qu'elle n'entendait pas imposer ses vues.

Sur Internet
http://www.episcopalchurch.org

14/11/06 - 18:44

Rions un peu, au milieu de toutes ces turbulences

Perles du bac Français :

Baudelaire a fait scandale en écrivant son célebre « Les fleurs du mâle ».

Pascal à consacré sa vie à écrire les essais de Montaigne.

Une langue morte est une langue qui n'est parlée que par les morts.

Une bibliothèque, c'est comme un cimetière pour les vieux livres.

La lecture permet à l'homme de devenir myope.

La lecture est faite pour ceux qui n'aiment pas écrire.

Les latins parlaient le grec ancien.

La grammaire ne sert à rien puisqu'elle est trop compliquée à comprendre.

Passé simple du verbe « faire » :
- Je fus
- Tu fusses
- Il fut
- Nous fumons
- Vous fumez
- Ils futent

Le livre de poche à été inventé par Gutenberg.

De toutes les pièces de Molière, « Les pierres précieuses ridicules » est la plus connue.

Molière est mort sur la seine.

La fontaine à écrit les fables de multiplication.

13/11/2006

13/11/06 - 19:05

Quatrain




La duchesse d'Angoulême


Quatrain

improvisé en voyant Son Altesse Royale
Madame la Duchesse d’Angoulême

Air : je l’ai planté, je l’ai vu naître

Si des autres par moi je juge,
Ivre de bonheur et d’espoir,
En Elle tout français croit voir
La colombe après le déluge


In le chansonnier des Amis du Roi et des Bourbons, Lille, 1816

13/11/06 - 17:46

Histoire d'un athée


Un athée se promenait dans les bois, tout en s'extasiant devant la nature

" Quels arbres majestueux!"
" Quelle puissante rivière!"
" Quels beaux animaux!", se disait-il.

Comme il marchait le long de la rivière, il entendit un sourd grognement
provenant d'un buisson à proximité. Il jeta un oeil dans cette direction et
vit un énorme grizzly de plus de 2 m de haut qui s'apprêtait à le charger.
Il courut aussi vite qu'il le pouvait dans un petit sentier, regarda par
dessus son épaule et réalisa que l'ours le talonnait.

Il trébucha et tomba sur le sol. Il roula sur lui-même et, comme il tentait
de se relever, il vit l'ours au-dessus de lui, la patte droite prête à le
frapper !

A cet instant l'athée s'écria " Oh mon Dieu !" Le temps s'arrêta, l'ours
devint figé et la forêt silencieuse ... Une lumière vive apparut près de
l'homme et une voix vint du ciel:

"Tu as nié mon existence durant toutes ces années, prétendu que je
n'existais pas et attribué la création à un accident cosmique.

Dois-je t'aider à te sortir de cette situation ? Crois-tu que je puisse te
considérer comme un croyant???"

L'athée regarda vers la lumière et répondit humblement: "Je crois qu'il
serait hypocrite de ma part de vous demander de me considérer comme un bon
catholique, mais peut-être pourriez vous rendre l'ours ... catholique??"

" Très bien, dit la voix "

La lumière s'éteignit, la forêt reprit son chant, l'ours descendit sa patte,
pencha la tête et tout benoîtement joignit ses deux pattes en murmurant:
"Seigneur, bénissez ce repas ... "

13/11/06 - 10:53

Elégies III





Mer en furie où il va se noyer
Navire démâté dans la houle du désir
Sans gouvernail, perdu et ballotté
Terrible Maelström qui brise toute volonté

Ces mains, ces mains
Tremblantes de te savoir près d’elles
Offrande dénudée
Ces lianes digitales tissent le fil
Au labyrinthe, habiles conductrices

Ailes de ce désir,
Les lèvres frôlent
Les lieux où palpitent ta vie
Sangsues inassouvies
Elles te mordent
Et y goûtent la saveur du plaisir

Comme un voleur, te posséder
Dans cette nuit, tenir pour ne pas sombrer

Pâle dans ta tranquillité
Tu sembles innocent et calme
Dans l’ignorance de la tempête
Qui soulève cette âme

Cheval fou
Ton cœur emballé
Cette chair palpitante qui frémit
Révèle le désir qui s’érige
Et bientôt
Cette vague rasante

Pauvre pantin, je reste là
Seul et brisé
Et Toi
Indifférent

Pierre Meunier

12/11/2006

12/11/06 - 17:46

Chanson






Quand il est entré dans mon logis clos,
J’ourlais un drap lourd près de la fenêtre,
L’hiver dans les doigts, l’ombre sur le dos...
Sais-je depuis quand j’étais là sans être ?

Et je cousais, je cousais, je cousais...
— Mon cœur, qu’est-ce que tu faisais ?

Il m’a demandé des outils à nous.
Mes pieds ont couru, si vifs dans la salle,
Qu’ils semblaient, — si gais, si légers, si doux, —
Deux petits oiseaux caressant la dalle.

De-ci, de-là, j’allais, j’allais, j’allais...
— Mon cœur, qu’est-ce que tu voulais ?

Il m’a demandé du beurre, du pain,
— Ma main en l’ouvrant caressait la huche —
Du cidre nouveau, j’allais et ma main
Caressait les bols, la table, la cruche.

Deux fois, dix fois, vingt fois je les touchais...
— Mon cœur, qu’est-ce que tu cherchais ?

Il m’a fait sur tout trente-six pourquoi.
J’ai parlé de tout, des poules, des chèvres,
Du froid et du chaud, des gens, et ma voix
En sortant de moi caressait mes lèvres...

Et je causais, je causais, je causais...
— Mon cœur, qu’est-ce que tu disais ?

Quand il est parti, pour finir l’ourlet
Que j’avais laissé, je me suis assise...
L’aiguille chantait, l’aiguille volait,
Mes doigts caressaient notre toile bise...

Et je cousais, je cousais, je cousais...
— Mon cœur, qu’est-ce que tu faisais ?


Marie Noël

Ce texte a été magistralement interprété par Juliette Gréco

12/11/06 - 17:37

Pessoa 2







J'aime ce que je vois parce que je cesserai
Un jour ou l'autre de le voir.
Je l'aime aussi parce qu'il est.

Dans cet intervalle placide où je suis ma propre fiction,
D'aimer, bien plus que d'être,
J'aime qu'il y ait tout et que je sois.

Mieux ne sauraient m'offrir, s'ils revenaient,
Les dieux primitifs
Car eux non plus ne savent rien.



RICARDO REIS,
né à Porto en 1887, médecin. Ses idées monarchistes l'obligent à s'exiler au Brésil en 1919. Il est évident, à le lire, qu'il a beaucoup aimé et étudié les auteurs latins.

Ricardo Reis est un hétéronyme de Pessoa qui a aimé inventer des personnages sous les noms desquels il a écrit.

12/11/06 - 17:14

Pessoa






Je ne suis rien
Jamais je ne serai rien.
Je ne puis vouloir être rien.
Cela dit, je porte en moi tous les rêves du monde.

Pessoa

12/11/06 - 13:03

[URL=http://imageshack.us][IMG]http://img80.imageshack.us/img80/1997/88pxlonbakst001vs7.jpg[/IMG][/URL]

12/11/06 - 10:29







Etre moi ! Ah ! me retrouver, être moi, sauvage, comme je l'ai été dans ma jeunesse quand personne ne me regardait ni ne me comptait, quand je n'étais rien pour personne, mais mon chant pour moi.
Marie Noël, Notes intimes, Stock, 1959, p. 13



Déclarations d'amour

Je vous aime, vous... pour l'amour de Dieu, parce que vous êtes mon prochain, parce que vous êtes l'un de mes proches. Sans l'amour de Dieu, je ne vous aimerais pas, vous ne m'êtes pas sympathique.

Je vous aime, vous... parce que vous êtes bon, parce que vous êtes sage, parce que vous agissez bien..., parce que... parce que... parce que...

Je vous aime, vous... parce que vous êtes malheureux. Si vous ne l'étiez pas, je ne songerais pas à vous, et quand vous ne le serez plus, je vous oublierai.

Je vous aime, vous... parce que vous pensez où je pense, voulez où je veux, aimez où j'aime et qu'il y a entre nous deux cette merveilleuse harmonie.

Je vous aime, vous... parce que ça me fait plaisir.

Et vous, je vous ai aimé, vous seul, parce que je ne pouvais pas m'en empêcher malgré le mal que vous aimer m'a fait. Je vous ai aimé sans voir, sans savoir, sans vouloir, sans pouvoir...

Marie Noël


10/11/2006

10/11/06 - 19:17

Etats-Unis: un discours de Goebbels pour motiver une équipe de football







Etats-Unis: un discours de Goebbels pour motiver une équipe de football


CHARLOTTE (AFP) - Un passage de 90 secondes d'un discours de Joseph Goebbels, numéro deux du régime nazi, a été diffusé avant un match de football opposant deux lycées de Charlotte (Caroline du nord).
Le quotidien local The Charlotte Observer a expliqué que les mots du ministre de la propagande d'Adolf Hitler avaient été diffusés dans une malencontreuse tentative de motiver l'équipe du lycée de Forestview avant une rencontre importante samedi dernier contre les homologues du lycée catholique de Charlotte.

"L'entraîneur et l'ensemble de l'équipe ont pour slogan +Vers la victoire+. Et dans le cadre d'un échange, nous avons un étudiant allemand qui a appris à ses camarades comment dire ce slogan en allemand", a justifié dans une lettre, le principal du lycée, Robert Carpenter. "Des étudiants zélés ont cherché à récupérer ce slogan en allemand et l'ont diffusé", a expliqué Carpenter, qui a précisé qu'ils avaient trouvé et chargé le morceau sur internet et l'avaient diffusé sans le faire superviser par des adultes.

"Leur intention était simplement de jouer +Vers la victoire+. Malheureusement, à un moment, un morceau du discours (de Goebbels) a été diffusé", a conclu Carpenter, qui a pu se "réjouir" de cette mauvaise publicité avec le succès des siens (1-0).

10/11/06 - 18:56

Les ZOZIAUX de PARADIS



10/11/06 - 18:40

BESOIN D'UN ELECTRICIEN ????



10/11/06 - 18:18

Cours de la vie






Cours de la vie


Toi aussi tu visais haut, mais l’amour nous courbe
Tous de force, nous plie tous la douleur plus forte,
Et pourtant notre arc ne revient pas
A son point de départ en vain.

Monte donc ou descends ! jusqu’en la nuit sacrée
Où la muette nature ourdit les jours à venir,
N’est-ce pas, même au plus biais de l’Orcus,
Une règle qui règne encore, un droit ?

Je le sais d’expérience. Car jamais, dieux du ciel,
Vous ne m’avez, ô mainteneurs du monde,
Conduit, il me semble, comme maîtres mortels,
Par les sentiers unis de la prudence.

L’homme, disent les dieux, fasse l’essai de toutes choses,
Que, nourri de leur force, il sache gré à toutes
Et comprenne sa liberté,
Rompre là, s’en aller où il veut.

Friedrich Hölderlin, in odes

Traduit par Gustave Roux et Robert Rovini
Edition La Pléiade

10/11/06 - 17:53

Après la mort de Laure






Après la mort de Laure
(traduit de Pétrarque)

La vie avance et fuit sans ralentir le pas,
Et la mort vient derrière à si grandes journées
Que les heures de paix qui me furent données
Me paraissent un rêve et comme n’étant pas !

Je m’en vais , mesurant d’un sévère compas
Mon sinistre avenir, et vois mes destinées
De tant de maux divers encore environnées,
Que je veux me donner de moi-même au trépas !

Si mon malheureux cœur eut jadis quelque joie,
Triste, je m’en souviens ; et puis, tremblante proie,
Devant je vois la mer qui va me recevoir !

Je vois ma nef sans mât, sans antenne et sans voiles,
Mon nocher fatigué, le ciel livide et noir,
Et les beaux yeux éteints qui me servaient d’étoiles.

Anthony Deschamps (1800-1869), in poèmes


Pétrarque vit Laure, pour la première fois, dans l’église de Sainte-Claire d’Avignon, le 6 avril 1327. Il l’aima vingt ans, jusqu’au jour où il apprit qu’elle avait succombé à la peste, et ne cessa de la regretter durant vingt-six ans qu’il lui survécut. Ce sont les poésies qu’il fit sur elle, avant et après sa mort, qui composent le célèbre Canzoniere.

09/11/2006

09/11/06 - 18:06

La Marquise Aurore- vilanelle






La Marquise Aurore
Villanelle

Près de Marie-Antoinette,
Dans le petit Trianon,
Fûtes-vous bergerette ?

Vous a-t-on conté fleurette
Aux bords du nouveau Lignon,
Près de Marie-Antoinette ?

Des fleurs sur votre houlette,
Un surnom sur votre nom,
Fûtes-vous bergerette ?

Etiez-vous noble soubrette,
Comme Iris avec Junon,
Près de Marie-Antoinette ?

Pour déniaiser Ninette,
Pour idylliser Ninon,
Fûtes-vous bergerette ?

Au pauvre comme au poète,
Avez-vous jamais dit : Non,
Près de Marie-Antoinette ?

O marquise, sans aigrette,
Sans diamants, sans linon,
Fûtes-vous bergerette ?

Ah ! votre simple cornette
Aurait converti Zénon !
- Près de Marie-Antoinette,
fûtes-vous bergerette ?

Philoxène Boyer, in les deux stations , 1867

09/11/06 - 07:27





Plus précieuses que la volupté sont les angoisses, les affres qu'elle nous fait connaître. On est au-delà, au paroxysme et l'opinion nous veut en deçà, dans l'abjection. C'est ainsi que sont méprisés souvent ceux qui au même moment connaissent la gloire.

La gloire, c'est quand on triomphe de l'ignominie. Aux yeux du vulgaire, naturellement malveillant, le haut vol prend volontiers des airs de reptation.
Il est beau, il est merveilleux que nous soyons perdus dans l'estime de ceux qui réprouvent bassement ce que nous nous faisons au même moment un devoir d'agréger au sublime.

Marcel Jouhandeau

■ Bréviaire, Editions Gallimard, 1981, ISBN : 2070254763, page 16

08/11/2006

08/11/06 - 19:30

Et j'irai le long de la mer éternelle







Et j'irai le long de la mer éternelle
Qui bave et gémit en les roches concaves,
En tordant sa queue en les roches concaves ;
J'irai tout le long de la mer éternelle.

Je viendrai déposer, ô mer maternelle,
Parmi les varechs et parmi les épaves,
Mes rêves et mon orgueil, mornes épaves,
Pour que tu les berces, ô mer maternelle.

Et j'écouterai les cris des alcyons
Dans les cieux plombés et noirs comme un remords,
Leurs cris dans le vent aigu comme un remords.

Et je pleurerai comme les alcyons,
Et je cueillerai, triste jusqu'à la mort,
Les lys des sables pâles comme la mort.

Jean Moréas (1856-1910) in Cantilènes

08/11/06 - 19:16

Il n'est pas un instant





Anna de Noailles par Zuolaga (1913)




Il n'est pas un instant où près de toi couchée
Dans la tombe ouverte d'un lit,
Je n'évoque le jour où ton âme arrachée
Livrera ton corps à l'oubli. [...]

Quand ma main sur ton coeur pieusement écoute
S'apaiser le feu du combat,
Et que ton sang reprend paisiblement sa route,
Et que tu respires plus bas,

Quand, lassés de l'immense et mouvante folie
Qui rend les esprits dévorants,
Nous gisons, rapprochés par la langueur qui lie
Le veilleur las et le mourant,

Je songe qu'il serait juste, propice et tendre
D'expirer dans ce calme instant
Où, soi-même, on ne peut rien sentir, rien entendre
Que la paix de son coeur content.

Ainsi l'on nous mettrait ensemble dans la terre,
Où, seule, j'eus si peur d'aller ;
La tombe me serait un moins sombre mystère
Que vivre seule et t'appeler.

Et je me réjouirais d'être un repas funèbre
Et d'héberger la mort qui se nourrit de nous,
Si je sentais encor, dans ce lit des ténèbres,
L'emmêlement de nos genoux...

Anna de Noailles (1876-1933) in poèmes de l’amour

08/11/06 - 18:28

Ezra Pound- Cantos







Neptune surgit,
son esprit bondissant
comme les dauphins.
Ces concepts l´esprit humain les a atteints.
Pour créer le Cosmos --
Accomplir le possible –
Muss., détruit pour une erreur,
Mais les annales
Le palimpseste –
une lueur infime
dans les infinies ténèbres –
cuniculi –
Un vieux « timbré » mort en Virginie.
Des jeunes mal préparés, croulant sous les annales,
La vision de la Madonna
au-dessus des mégots de cigare
et surmontant le portail.
« Avons fait des tonnes de lois »
(mucchio di leggi)
Litterae nihil sanantes,
de Justinien –
une masse de travaux inachevés.
J´ai apporté la grande boule de cristal ;
qui peut la soulever ?
Qui saura s´infiltrer dans le gland de lumière ?
Mais la beauté n´est pas la folie
Même si mes erreurs gisent et mon naufrage autour de moi.
Et je ne suis pas un demi-dieu,
je n´arrive pas à faire tenir l´ensemble.
S´il n´y a pas d´amour au foyer rien n´est possible.
La voix de la faim ne s´était pas fait entendre.
Comment la beauté vint-elle à l´encontre de cette noirceur,
la beauté par deux fois sous les ormes –
Sauvés par les écureuils et les geais ?


Extrait du Canto CXVI, p.817

08/11/06 - 17:16

Le Renaudot des lycéens décerné à Morgan Sportès pour "Maos"







LOUDUN (AFP) - Le 15e prix Renaudot des lycéens a été attribué mardi à Morgan Sportès pour son livre "Maos" (éd. Grasset), a annoncé le jury, réuni à Loudun (Vienne).
Morgan Sportès, né en 1947 à Alger, romancier, auteur dramatique, signe avec "Maos" un récit construit comme un thriller détourné où sont révélées les coulisses de la politique internationale des années 60/70: terrorisme, magouilles des services secrets, des polices parallèles, provocations.
Près de 280 élèves de dix lycées de Poitou-Charentes ont eu plus d'un mois pour lire les neuf livres retenus dans la sélection officielle du Renaudot. Mardi, les présidents et les deux assesseurs des comités de lecture de chaque lycée se sont réunis pour délibérer à Loudun, ville où est né Théophraste Renaudot.
Le Renaudot des lycéens a été rendu, au lycée Marc Godrie, 24 heures après son prestigieux aîné, le Renaudot, attribué au franco-congolais Alain Mabanckou, pour "Mémoires de porc-épic" (Seuil).
Les lycéens attendent le choix de Paris pour éviter de récompenser deux fois le même auteur. Au cas où les deux choix seraient identiques, ils retiennent un second livre.
Le lauréat est attendu le jeudi 30 novembre au centre culturel de la ville pour une rencontre littéraire avec les élèves.
Le prix est organisé par l'association "les amis de Théophraste Renaudot", et le rectorat de Poitiers, en partenariat avec le Conseil général et le Conseil régional.
Morgan Sportès est l'auteur entre autres, de Siam, Outremer, L'Appât, porté à l'écran par Bertrand Tavernier, Rue du Japon, L'insensé. Il a vécu en Thaïlande et au Japon et a consacré plusieurs de ses livres à cette partie du monde.

08/11/06 - 17:10






« L'éducation se fonde sur la peur de jouir. La nécessité de produire, d'être rentable, de servir à quelque chose, quoi de mieux pour jeter l'interdit sur la jouissance de soi ? Il n'y a pas de contrainte, si futile soit-elle, qui ne suscite la crainte pusillanime de vivre, d'exister gratuitement. Là commence l'apprentissage de l'enfant. »

Raoul Vaneigem

07/11/2006

07/11/06 - 11:05

NOUS SOMMES TOUS DES NIHILISTES !






NOUS SOMMES TOUS DES NIHILISTES !


Le russe a toujours besoin de dépasser la mesure, d’arriver au précipice, de se pencher sur le bord pour en explorer le fond et souvent même de s’y précipiter comme un fou.
C’est le besoin de la négation chez l’homme le plus croyant, la négation de tout, la négation des sentiments les plus sacrés, de l’idéal le plus élevé, des choses les plus saintes de la patrie.
Aux heures critiques de sa vie personnelle ou de sa vie nationale, le russe se déclare avec une précipitation effrayante pour le bien ou pour le mal.
Sous l’influence de la fureur, de l’alcool, de l’amour, de l’érotisme, de l’orgueil, de l’envie, il se montre soudain prêt à tout briser, à répudier tout : famille, traditions, croyances.
Le meilleur des hommes se transforme ainsi en un scélérat, ne cherchant plus qu’à se renier, à s’anéantir dans une convulsion brusque.
Il déploie, d’ailleurs, la même impétuosité pour sauver son âme, quand il est arrivé à la dernière limite de tout et qu’il ne sait plus où aller.

Dostoïevski

07/11/06 - 10:49

Melancholia






Melancholia (Dürer)


« D'où vient à l'homme la plus durable des jouissances de son coeur, cette volupté de la mélancolie, ce charme plein de secrets, qui le fait vivre de ses douleurs et s'aimer encore dans le sentiment de sa ruine? »

(Senancour)


BARBARA

Le mal de vivre

Ça ne prévient pas quand ça arrive,
Ça vient de loin,
Ça c'est promené de rive en rive,
La gueule en coin,
Et puis un matin au réveil,
C'est presque rien,
Mais c'est là, ça vous ensommeille,
Au creux des reins

Le mal de vivre,
Le mal de vivre
Qu'il faut bien vivre
Vaille que vivre,

On peut le mettre en bandoulière,
Ou comme un bijou à la main,
Comme une fleur en boutonnière,
Ou juste à la pointe du sein,
C'est pas forcément la misère,
C'est pas Valmy, c'est pas Verdun,
Mais c'est des larmes aux paupières,
Au jour qui meurt, au jour qui vient,

Le mal de vivre,
Le mal de vivre
Qu'il faut bien vivre
Vaille que vivre,

Qu'on soit de Rome ou d'Amérique,
Qu'on soit de Londres ou de Pékin,
Qu'on soit d'Egypte ou bien d'Afrique,
Ou de la porte Saint Martin,
On fait tous la même prière
On fait tous le même chemin,
Qu'il est long lorsqu'il faut le faire,
Avec son mal au creux des reins
Ils on beau vouloir nous comprendre,
Ceux qui nous viennent les mains nues,
Nous ne voulons plus les entendre,
On ne peut pas, on n'en peut plus,
Et tous seuls dans le silence,
D'une nuit qui n'en finit plus,
Voilà que soudain on y pense,
A ceux qui n'en sont pas revenus,

Du mal de vivre,
Leur mal de vivre
Qu'ils devaient vivre
Vaille que vivre,

Et sans prévenir, ça arrive,
Ça vient de loin,
Ça c'est promené de rive en rive,
Le rire en coin,
Et puis un matin, au réveil,
C'est presque rien,
Mais c'est là, ça vous émerveille,
Au creux des reins,

La joie de vivre,
La joie de vivre,
Oh, viens la vivre,
Ta joie de vivre...

(Barbara/Barbara, Éditions Tutti)

Barbara, fille d’une émigrée russe, connaissait cette mélancolie sauvage et typique aux slaves, qu’entre nous appelons la déprime slave.

Sans prévenir, elle arrive du plus profond de nos entrailles, sans aucun signe annonciateur, elle prend possession de notre âme et de notre cœur, se love dans notre esprit. Plus rien de sensé n’existe que ce cri lancinant à la tristesse et aux nostalgies. Alors, il ne reste plus que le chant tsigane, la musique, l’alcool fort pour apaiser un peu ce mal être, ce mal de vivre qui nous étreint si fort…et, quand nous sommes seul, quand rien ne nous retient, nous nous y abandonnons avec une délectation morbide.

« Par-dessus tout, entre deux éclats d’une joie trop et trop violente qui ne se contrôle pas, il y a cette tristesse en Russie, sur le cœur et sur la steppe. «
Michel de Saint-Pierre.

06/11/2006

06/11/06 - 15:34

Dommage pour le Goncourt: un choix peu original !






Le prix Goncourt 2006 a été attribué lundi à Jonathan Littell pour "Les Bienveillantes" (Gallimard), au premier tour par 7 voix contre 3, a précisé le jury.

L’attribution de ce prix semblait bien téléguider depuis les grosses ventes en librairie et la fait qu’il ait déjà été couronné par l’Académie française, non sans mal car certains académiciens lui reprochaient fortement le caractère ordurier du texte.

Les Goncourt auraient pu créer la surprise en couronnant un autre écrivain comme François Vallejo, dont le livre, Ouest, édité par une petite maison d’édition, a déjà rencontré, lui aussi, les faveurs du public.

Dommage pour les Goncourt, un tel choix relancera inévitablement les rumeurs d’entente entre les grandes maisons d’éditeur et les membres des grands jurys



La dernière sélection

Alain Fleischer
L'amant en culottes courtes
Seuil

Jonathan Littell
Les Bienveillantes
Editions Gallimard

Michel Schneider
Marilyn dernières séances
Grasset

François Vallejo
Ouest
Editions Viviane Hamy


06/11/06 - 15:19

Le Prix Renaudot couronne un franco-congolais- BRAVO pour l'ouverture






PARIS (AFP) - Le prix Renaudot 2006 a été attribué lundi à l'auteur franco-congolais Alain Mabanckou pour "Mémoires de porc-épic" (Seuil), a annoncé le jury au restaurant Drouant à Paris.
Alain Mabanckou a été choisi au 10e tour par six voix contre cinq pour Michel Schneider ("Marilyn, dernières séances" chez Grasset), la voix du président du jury comptant double.
Alain Mabanckou enseigne depuis 2002 la littérature francophone aux Etats-Unis. Né à Pointe-Noire (Congo), où son père est réceptionniste dans un hôtel, il est Congolais de naissance, francophone de nature et Américain d'adoption. Il a découvert la littérature au lycée en lisant les poètes romantiques, puis les écrivains, comme Joyce ou Céline, "qui élaboraient une sorte de recherche sur la langue".
Après des études de droit en France, il entre comme juriste à la Lyonnaise des eaux, et publie des recueil de poèmes. Son premier roman, "Bleu Blanc Rouge" (1998), est "une histoire de dandys congolais", et "African psycho", en 2001, son premier succès, met en scène un "serial killer" africain.
En 2002, Alain Mabanckou devient professeur de littérature francophone à l'université du Michigan ou il enseigne en français et en anglais.
En 2005, son roman "Verre cassé" figure déjà dans la dernière sélection du Renaudot et obtient plusieurs récompenses, dont le Prix RFO du roman.
Après trois ans dans le Michigan, Alain Mabanckou a rejoint en octobre la prestigieuse université de Californie-Los Angeles (UCLA).

05/11/2006

05/11/06 - 18:04

Le Paradis, voilà quoi j’ai tenté d’écrire- Ezra Pound





Ezra Pound en 1913




« I have tried to write Paradise

Do not move
Let the wind speak
that is paradise.

Let the Gods forgive what I
have made.
Let those I love try to forgive
what I have made. »


« Le Paradis, voilà quoi j’ai tenté d’écrire

Ne bougez point
Laissez parler le vent :
le paradis est là.

Que les Dieux pardonnent
ce que j’ai fait
Que ceux que j’aime tentent de pardonner
ce que j’ai fait. »

Ezra Pound, Canto 120, Cantos, Flammarion, 1986, page 734.

05/11/06 - 17:30







Le corps du bien-aimé, quand on l'a entrevu un instant pour ne plus le revoir jamais, peut devenir une hantise comparable à ce qu'il reste de paysages contemplés l'été, une fois venus l'hiver et le froid.

Si l'on avait contemplé Dieu face à face, on ne pourrait plus rien voir sans chagrin. La beauté exténue le regard, le retient en captivité, longtemps aveugle, indiffèrent à tout le reste, ô cécité bienheureuse ! J'ai beau promener mes yeux sur le monde, je ne vois que lui. Les montagnes, les vallées, les forêts, la nature entière n'est plus qu'une allusion à lui seul.

Marcel Jouhandeau

■ Bréviaire, Portrait de Don Juan, Amours, Editions Gallimard, page 11

05/11/06 - 17:06

Mon truc en plumes

Un vieux souvenir





Mon truc en plumes

by Zizi Jeanmaire


Mon truc en plumes
Plumes de zoiseaux
De z'animaux
Mon truc en plumes
C'est très malin
Rien dans les mains
Tout dans l'coup d'reins.

Mon truc en plumes
Rien qu'en passant
Ça fouette le sang
Mon truc en plumes
Ça vous caresse
Avec ivresse
Tout en finesse.

Moi je vis d'ma plume
Et je plume
Le bitume
Et c'est au clair de la lune
Que j'allume les Pierrots.

Mon truc en plumes
Plumes de panthère
A milliardaires
Mon truc en plumes
Ça fait rêver
Mais c'est sacré
Faut pas toucher.

Mon truc en plumes
Viens mon brigand
Dormir dedans
C'est pas sorcier
Viens l'essayer
J'vais t'faire danser.

05/11/06 - 13:49

Ode sur la mort de Louis XV






Louis XV, le Bien aimé, par Quentin de la Tour



« Ode sur la mort de Louis XV.

A MM. les Officiers du Roi

Pleurons, muses, pleurons ; que vos lyres gémissent ;
La France en deuil succombe aux injures du sort.
Que de cris ! ciel ! partout nos temples retentissent
Des chants lugubres de la mort.

Le guerrier même apprend à répandre des larmes.
Des couleurs de la nuit Mars a peint ses drapeaux
Et la beauté plaintive aime à voiler ses charmes
Du crêpe fait pour les tombeaux.

Louis n’est plus hélas ! De ses grandeurs prospères,
Vrai sage, il est tombé sans connaître l’effroi ;
Mais ses tristes sujets le pleurent comme un père,
Et semblent mourir dans leur Roi.

Oh ! des guerriers français élite vénérée,
Que n’as-tu point souffert en ce commun malheur ?
Perdant un maître, un chef, ta douleur s’est montrée
Aussi grande que ta valeur.

Parons ce monument que lui dresse ton zèle
Des drapeaux qu’à ses yeux tu ravis à l’Anglais ;
Qu’il reconnaisse encor sa légion fidèle
Du haut des célestes palais.

Qu’au pied de ce tombeau la France gémissante,
Foulant les léopards terrassés par nos coups,
Pleure, ain,si que la veuve, encore tendre amante,
Sur le bûcher de son époux.

Mais les sons du clairon frappent au loin les nues,
Et les roulemens sourds des tambours résonnat
Font errer à long flots sur nos places émues
Tous les citoyens frissonnants.

Quel vaste trouble ! Où vont ces enfans de la guerre ?
Au bruit du bronze en feu grondant sur nos remparts,
Tristes, portant leur fer tourné contre la terre
Et renversant leurs étendards ?

Grand prince ! ils vont payer à ta muette image
Le tribut de regrets que l’on doit aux héros.
Est-il pour un grand cœur un plus flatteur hommage
Que les larmes de ses rivaux ?

Sors de ce mausolée, où leur reconnaissance
A peint de tes vertus les symboles touchant !
Il a paru ; guerriers, respectez sa présence !
Bourbon va parler en mes chants.

« Mes mânes sont contents ; soyez toujours vous-mêmes,
De vos rois, de l’État, défendeurs glorieux ;
Vous occupiez mon coeur en ces moments suprêmes
Où j’allais joindre mes aïeux.

Mais un autre Louis vous rendra ma tendresse ;
Relevez ces drapeaux, ces glaives renversés ;
Mon fils paraît : Français, tressaillez d’allégresse
Vos plus grands rois sont surpassés.

C’est peu de réparer les malheurs de mon règne ;
Auguste aspire encore à des succès plus beaux.
Son peuple l’aime ; il faut que l’étranger le craigne
Comme roi du monde et des cœurs.

Déjà la mer gémit sous nos vaisseaux agiles ;
Alger tremble ; Louis combat avec son nom ;
Et les princes vaincus, jusqu’au fond de ses villes,
Viennent implorer leur pardon.

Je vous entend, mes fils ; en ces combats insignes
Vous jurez de briller entre tous nos guerriers ;
Vous saurez, de vos chefs et de vous toujours dignes,
Cueillir les plus beaux lauriers . »

Tiré de Gilbert ou le poëte malheureux par l’abbé Pinard ».

L'abbé Pinard avait publié son "Gilbert" en 1844

Repris dans un "Cahier de Poésies commencé en juillet année 1848" comprenant 29 poèmes en 74 pages, terminé en "Février 1850".


Orthographe, ponctuation et majuscules ont été respectées.

05/11/06 - 11:43

5 novembre 1922







5 novembre 1922

Toutankhamon l'Egyptien
Ce sera la plus grande découverte égyptologique

Howard Carter découvre le 4 novembre 1922 une première marche ; le 5 novembre, les ouvriers dégagent un escalier et Carter découvre le cartouche qui indique le nom du pharaon Toutankhamon. Il télégraphie à Lord Carnavon la découverte d’un tombeau inviolé de Toutankhamon dans la "vallée des rois", près des rives du Nil. Celui-ci lui demande d’attendre son arrivée et le 23 novembre, à l’arrivée de Lord Carnavon, ils ouvrent le tombeau.
Le 25 février 1923, ils procèdent à l’ouverture du sarcophage : la momie est intacte et constitue avec le riche mobilier funéraire trouvé sur place un trésor inestimable.
Par les hasards d’une tombe non pillée (la seule de la "vallée des rois"), ce mort de 18 ans, au règne quasi "inexistant", devient le plus célèbre des pharaons.

05/11/06 - 11:23

Sur la mort de Louis XIII






Louis XIII- Philippe de Champaigne


Dans « Les chevilles de Me Adam menuisier de Nevers » -
la seconde édition, à Rouen, chez Jacques Caillove et Jean Viret, 1654,
Des stances,
« Maistre Adam estant à Saint Denys, aspergeant d’eau béniste le cercueil du Roy Louys le Juste, escrivit ces vers ».

Sur la mort de Louis XIII.

Sonnet

Grand Roy, tu ne vis plus & ron bras redoutable
Qui s’alloit acquerir l’Empire des vivans,
Plus fresle qu’un roseau combatu par les vents,
A perdu pour iamais le tiltre d’indomptable.

Que ce malheur sanglant me semble espouventable,
Que l’aveugle fortune a des traits decevans,
Et que le monde est peu lors que ses poursuivans,
Rencontrent de la mort l’écueil inevitable.

Apres avoir paru la merveille des Roys,
Eslevé iusqu’au Ciel ses Lauriers & ses Lois,
Et basty des Autels sur le front de l’envie,

Qui ne s’estonnera d’un si tragique sort,
Et qui des demy-Dieux peut s’asseurer la vie,
Voyant ce fils de Mars abbatu par la mort.

04/11/2006

04/11/06 - 16:59

Le Jury du Renaudot- Renaudot des lycéens








Le Prix Renaudot a été créé en 1925 par dix critiques littéraires attendant la délibération du Goncourt au restaurant parisien Drouant.
C'est une sorte d'anti-Goncourt qui porte le nom de Théophraste Renaudot, fondateur du premier journal français, La Gazette, en 1631.
Le Prix Renaudot récompense un roman ou un récit de ton et de style nouveau. Deux livres sont désignés au cas où le lauréat du Renaudot aurait déjà le Goncourt. Les auteurs ayant obtenu un des grands prix littéraires dans les cinq dernières années ne peuvent être retenus comme lauréats du Prix Renaudot.

Jury du Renaudot
Son jury est composé de dix membres ,élus à vie, par cooptation. Une présidence tournante est confiée d'année en année à chacun des membres par ordre d'ancienneté d'appartenance au jury.
Le prix est remis le même jour que le Goncourt, au restaurant Drouant.

Par ordre d’ancienneté, les jurés sont :

1. André Bourin (1971)
Auteur Grasset

2. André Brincourt (1984)
Elu secrétaire général du prix
Auteur Grasset

3. Louis Gardel (1986)
Auteur Seuil
Membre du comité de lecture
A succédé à Robert Mallet (démission en 1986), auteur Gallimard

4. Christian Giudicelli (1993)
Auteur Seuil, a publié au Rocher
Membre du comité de lecture Gallimard
A remplacé Marcel Sauvage (décédé en 1987), auteur Grasset

5. Georges-Olivier Châteaureynaud (1995)
Auteur Grasset
A succédé à Luc Estang (décédé en 1992), auteur Seuil et Gallimard

6. Franz-Olivier Giesbert (1998)
Auteur Seuil, Grasset, Gallimard, Flammarion
A succédé à Roger Vrigny (décédé en 1997), auteur Gallimard

7. Dominique Bona (1999)
Auteur Grasset
A remplacé Francis Ambrière (mort en 1998), auteur Seuil

8. Jean-Noël Pancrazi (1999)
Auteur Seuil, puis Gallimard
A succédé à Alain Bosquet (décédé en 1998), auteur Grasset et Gallimard

9. Jean-Marie G. Le Clézio (2002)
Président du jury en 2006
Auteur Gallimard
Membre du comité de lecture
A succédé à José Cabanis (1986-2000), auteur Gallimard, lui-même remplaçant de Henri Amouroux, auteur Laffont, démissionnaire en 1986.

10. Patrick Besson (2003)
Auteur Albin Michel, a publié au Rocher
A succédé à Jacques Brenner (1986-2001), lecteur salarié de Grasset, remplaçant de Pierre Mazars, rédacteur en chef du Figaro littéraire, mort en 1985

www.renaudot.fr

Sélection du Prix Renaudot des Lycéens 2006

Pour la 15ème année, les lycéens de l’Académie de Poitiers décerneront le Prix Renaudot des Lycéens le 7 novembre prochain, à Loudun, ville natale de Théophraste Renaudot. Réception avec le lauréat le jeudi 30 novembre, à Loudun..

Sélection 2006 du Prix Renaudot des lycéens (choix établi à partir de la sélection du jury Renaudot officiel) :

· Pierre Charras, "Bonne nuit, doux prince" (Mercure de France)
· Philippe Dagen, "Arthur Cravan n'est pas mort noyé" (Grasset)
· Michel Schneider, "Marilyn dernières séances" (Grasset)
· Morgan Sportès, "Maos" (Grasset)
· Alain Mabanckou, "Mémoires de porc-épic" (Seuil)
· Richard Millet, "Dévorations" (Gallimard)
· Olivier et Patrick Poivre d'Arvor, "Disparaître" (Gallimard)
· François Vallejo, "Ouest" (Viviane Hamy)
· Gilles Lapouge, "Le bois des amoureux" (Albin Michel)

Lycées participants

· LYCEE GUY CHAUVET Rue de l’Eperon 86200 LOUDUN
· LYCEE PROFESSIONNEL MARC GODRIE 19 rue des Meures 86200 LOUDUN
· LYCEE LA PERRIERE 86200 LA ROCHE RIGAULT
· LYCEE EMILE ROUX Avenue du Général de Gaulle 16500 CONFOLENS
· LYCEE JAMAIN 24, bd Pouzet B.P. 309 17312 ROCHEFORT
· LYCEE MAURICE GENEVOIX 36 rue Malabry 79300 BRESSUIRE
· INSTITUT SAINT LOUIS 73, avenue André Malraux BP. 16 17250 PONT L’ABBE D’ARNOULT
· LYCEE MERLEAU-PONTY Rue Raymonde Maous 17304 ROCHEFORT
· LYCEE DU HAUT VAL DE SEVRE 22 rue Panier Fleuri 79400 SAINT MAIXENT L’ECOLE
· LYCEE PAUL GUERIN 19 rue Fiefs 79000 NIORT
Source : Communiqué du Musée Renaudot

04/11/06 - 12:18

Le Jury du Goncourt







Jury du Goncourt
Les jurés de l’Académie Goncourt 1903) sont au nombre de 10.
Ils sont élus à vie, par cooptation.
Chacun est désigné par son couvert.
Le choix du lauréat se fait au restaurant Drouant (Paris), après un déjeuner

1er couvert
Bernard Pivot (2005)
Journaliste
A publié chez Gallimard et Plon
A succédé à André Stil (1977-2004), auteur Grasset

2ème couvert
Edmonde Charles-Roux (1983)
Elue présidente en 2002
Veuve de l’ancien ministre Gaston Defferre
Auteur Grasset
A succédé à Armand Salacrou

3ème couvert
Didier Decoin (1995)
Elu secrétaire général de l’Académie Goncourt
Journaliste, romancier, scénariste
Publie chez Seuil
Fils du cinéaste Henry Decoin
A succédé à Jean Cayrol, appelé à l’honorariat en 1995, auteur Seuil

4ème couvert
Robert Sabatier (1971)
Auteur Albin Michel
A succédé à André Billy

5ème couvert
Daniel Boulanger (1983)
Auteur Gallimard, puis Grasset
A succédé à Armand Lanoux

6ème couvert
François Nourissier (1977)
Auteur Grasset, puis Gallimard
A publié chez Albin Michel
A succédé à Raymond Queneau

7ème couvert
Michel Tournier (1972)
Auteur Gallimard, membre du comité de lecture
A succédé à Philippe Hériat.

8ème couvert
Françoise Chandernagor (1995)
Auteur de Fallois, puis Gallimard
A succédé à Emmanuel Roblès, auteur Seuil et Grasset


9ème couvert
Jorge Semprun (1996)
Auteur Grasset, puis Gallimard
A publié au Seuil
A succédé à Hervé Bazin, auteur Grasset et Seuil

10ème couvert
Françoise Mallet-Joris (1970)
Membre de l’Académie royale belge au fauteuil de sa mère, Suzanne Lilar
Auteur Grasset, puis Gallimard, Flammarion, Plon
Elle est la fille du Ministre d’Etat belge M. Lilar, et de l'écrivain Suzanne Lilar, membre de l'Académie Royale de Belgique.
A succédé à Pierre Mac Orlan

www.academie-goncourt.fr

04/11/06 - 04:22





Je crois en Dieu
Je suis orthodoxe
Je crois dans l'immortalité de l'âme
Je crois dans l'oeuvre du Bien et la présence du Mal
Je tente de vivre selon les préceptes sociétaux du message d'amour de Dieu (les 10 commandements)
Je respecte toutes les religions et ceux qui ne croient pas ou qui ne s'y reconnaissent pas
mais
je n'aime pas les amalgames historiques et les réflexions à deux sous
je n'aime pas les embrigadements
je déteste les institutions cléricales et autres
je déteste l'ignorance primaire
j'admire les hautes consciences planétaires

03/11/2006

03/11/06 - 16:04

Versailles compte un objet de plus- Vive le Mécénat !





Un "tour à guillocher" ayant appartenu au comte d'Artois, futur Charles X ,offert à Versailles



PARIS (AFP) - Un "tour à guillocher", outil ayant appartenu au comte d'Artois, frère de Louis XVI et futur Charles X, a été acquis par l'Etat pour le château de Versailles grâce au mécénat d'entreprise, a annoncé le ministère de la Culture.
Inventé par l’ouvrier Guillot et exécuté par Antoine Wolff en 1773, le tour à guillocher avait été livré au château de Versailles pour l’atelier du comte d’Artois.
Sorte de grande machine de près d'un mètre de haut équipée de pédales et d'un jeu de cames, le tour permettait de tracer des courbes pour orner des boîtes de montres et des pièces d'orfèvrerie ainsi que pour fabriquer et affiner des serrures et des clés.
Le tour avait été offert en 1781 par le comte d’Artois à son premier écuyer, le Marquis de Polignac. Sauvé à la Révolution française, il avait ensuite été vendu puis exposé à Saint-Germain-en-Laye, avant que son acquisition ne soit financée par la société Lusis (services informatiques).

03/11/06 - 15:38

W.H. Auden- la berceuse









Berceuse

Pose ta tête endormie, mon amour,
Tendre, sur mon bras infidèle ;
Le temps et les fièvres consument
La beauté tout individuelle
Des enfants rêveurs, et la tombe
Prouve que l’enfant est fragile :
Mais, dans mes bras, jusqu’à l’aurore,
Que repose la créature
Vivante, mortelle, coupable,
Mais, pour moi, belle entièrement.

Ame ni corps n’ont de limites :
Aux amants, lorsqu’ils gisent sur
Sa pente indulgente, enchantées,
Dans leur pâmoison habituelle,
Vénus envoie un rêve grave
De sympathie surnaturelle,
D’amour, d’espoir universels,
Alors qu’une abstraction éveille
Au cœur des glaciers et des rocs
Le transport charnel de l’ermite.

Certitude, fidélité,
Sur le coup de minuit s’envolent
Comme des battements de cloche
Et des fous à la mode lancent
Leur cri ennuyeux et pédant :
Le moindre centime du prix,
Selon les cartes redoutées,
Sera payé, mais dès ce soir
Pas un soupir, pas une idée
Pas un baiser pas un regard ne doit être perdu.

Beauté, minuit, vision s’effacent :
Que les vents de l’aube, soufflant
Autour de ta tête rêveuse
Révèlent un jour si propice
Que l’œil et le cœur le bénissent,
Satisfaits du monde mortel ;
Que les midis arides te trouvent nourri
Par les forces involontaires,
Que les nuits d’affront te laissent passer,
Veillé par toutes les amours humaines.

William H. Auden

03/11/06 - 15:17

Elle est belle
Elle est intelligente
Elle a de la répartie
Elle est aristocrate
Elle est une actrice qui monte








Hélène de Fougerolles:

«être jugée, je m'en fiche»


Un téléspectateur :
« Elle est comment, Félène de Fougerolles, avec un verre dans le nez ? »

Hélène de Fougerolles :
« En général, elle est à poil et elle roule des pelles à tout le monde. »

(in le grand journal sur Be TV)

Hélène de Fougerolles est née à Vannes le 25 février 1973, elle est la fille d'Alain Rigoine de Fougerolles et d'Anne Saumay de Laval.

03/11/06 - 14:59

Voilà ce qui est toujours tu


Chaque année

170 000 chrétiens meurent comme martyrs,
200 millions sont persécutés pour leur foi





Selon les statistiques des organisations mondiales pour la défense des droits des chrétiens, 170 000 chrétiens meurent chaque année comme martyrs, tandis que 200 millions sont persécutés ou font l'objet de discrimination à cause de leur foi. Ces chiffres sont cités par la déclaration sur les persécutions des chrétiens aujourd'hui, signée lors de la rencontre oecuménique de Blankenbourg (Allemagne) par des représentants orthodoxes, catholiques et protestants.
Ce document qui a reçu le nom de la Déclaration de Blankenbourg note que dans l'Europe d'ajourd'hui, sous prétexte de tolérance, les chrétiens sont souvent réprimés ou gênés dans leur activité d'une façon qui peut difficilement être traitée de tolérante. Les auteurs de la déclaration attirent l'attention sur la croissance des tendances antichrétiennes dans la législation et l'éducation. Ainsi, affirment-ils, les chercheurs qui croient en Dieu Créateur sont publiquement dénigrés, tandis que les autres chrétiens qui ne veulent pas aller à l'encontre de leur conscience de croyants rencontrent des obstacles dans leur carrière et sont souvent tournés en dérision.
De tels problèmes sous-jacents peuvent, dit le document, se transformer en une persécution ouverte. Le danger pour les chrétiens peut venir d'ailleurs de différents côtés, y compris de la mondialisation qui encourage la formation de régimes totalitaires et le syncrétisme.
Source: Interfax

Par ailleurs, également en Allemagne il y a quelques jours, des parlementaires ont exprimé leur profonde préoccupation : 80% des victimes des persécutions religieuses dans le monde sont des chrétiens. Ils ont appelé à une attention particulière vis-à-vis de la situation des chrétiens en Turquie en raison du processus en cours concernant l’Union Européenne.

Sources : Diocèse de Chersonèse, SIT
Sites spécialisés dans les persécutions antichrétiennes : Aide à l’Eglise en détresse (actualités, observatoire), Portes ouvertes (indice mondial de la persécution), Csi-France, Société internationale trinitaire . En anglais : Persecution.org, The voice of the martyrs.

03/11/06 - 14:57

Voilà ce que l'on ne dit jamais

Chaque année 170 000 chrétiens meurent comme martyrs, 200 millions sont persécutés pour leur foi
Selon les statistiques des organisations mondiales pour la défense des droits des chrétiens, 170 000 chrétiens meurent chaque année comme martyrs, tandis que 200 millions sont persécutés ou font l'objet de discrimination à cause de leur foi. Ces chiffres sont cités par la déclaration sur les persécutions des chrétiens aujourd'hui, signée lors de la rencontre oecuménique de Blankenbourg (Allemagne) par des représentants orthodoxes, catholiques et protestants.
Ce document qui a reçu le nom de la Déclaration de Blankenbourg note que dans l'Europe d'ajourd'hui, sous prétexte de tolérance, les chrétiens sont souvent réprimés ou gênés dans leur activité d'une façon qui peut difficilement être traitée de tolérante. Les auteurs de la déclaration attirent l'attention sur la croissance des tendances antichrétiennes dans la législation et l'éducation. Ainsi, affirment-ils, les chercheurs qui croient en Dieu Créateur sont publiquement dénigrés, tandis que les autres chrétiens qui ne veulent pas aller à l'encontre de leur conscience de croyants rencontrent des obstacles dans leur carrière et sont souvent tournés en dérision.
De tels problèmes sous-jacents peuvent, dit le document, se transformer en une persécution ouverte. Le danger pour les chrétiens peut venir d'ailleurs de différents côtés, y compris de la mondialisation qui encourage la formation de régimes totalitaires et le syncrétisme.
Source: Interfax

Par ailleurs, également en Allemagne il y a quelques jours, des parlementaires ont exprimé leur profonde préoccupation : 80% des victimes des persécutions religieuses dans le monde sont des chrétiens. Ils ont appelé à une attention particulière vis-à-vis de la situation des chrétiens en Turquie en raison du processus en cours concernant l’Union Européenne.

Sources : Diocèse de Chersonèse, SIT
Sites spécialisés dans les persécutions antichrétiennes : Aide à l’Eglise en détresse (actualités, observatoire), Portes ouvertes (indice mondial de la persécution), Csi-France, Société internationale trinitaire . En anglais : Persecution.org, The voice of the martyrs.

02/11/2006

02/11/06 - 14:39






Voici la couverture du Vanity Fair qui fait bondir de rage le très beau Brad Pitt et son entourage.
Oh Rage! Oh désespoir ! d'être si célèbre

02/11/06 - 12:47

Née à Vienne, Autriche le 02 novembre 1755




Reine de France de 1774 à 1793
Née à Vienne, Autriche le 02 novembre 1755
Décédée à Paris le 16 octobre 1793


Certains historiens ont voulu voir dans cette naissance, le lendemain d’une des catastrophes qui a le plus marqué le XVIIIe siècle, le signe du malheur de la destinée de cette jeune archiduchesse.


«J'ai appris de ma mère à ne pas craindre la mort et je l'attendrai avec fermeté»

Marie-Antoinette




02/11/06 - 12:38

1er novembre 1755: Lisbonne ravagée par un séisme

Le samedi 1er novembre 1755, Lisbonne (235.000 habitants), est atteinte par trois secousses telluriques d'une exceptionnelle violence puis plusieurs raz de marée.

La très belle capitale du Portugal, qui doit sa prospérité à un immense empire colonial, est presque entièrement détruite par le séisme et par l'incendie qui lui fait suite. 60.000 victimes restent sous les décombres. Beaucoup d'entre elles meurent dans l'effondrement des églises, où elles assistaient à l'office de la Toussaint.

Toutefois est épargné le quartier excentré de Belém, en amont sur l'estuaire du Tage. De là partirent les grands explorateurs du XVe siècle tel Vasco de Gama. Le monastère majestueux des Hiéronymites et la tour de Belém, construite en 1515 par le roi Manuel 1er, figurent parmi les rescapés.

Le tremblement de terre est ressenti dans toute l'Europe, entraînant des oscillations jusque dans les lochs écossais et les lacs suisses.


La catastrophe racontée par un témoin

Voici des extraits de la lettre d'un témoin anonyme rédigée en français et publiée dans O livro e a leitura em Portugal (Verbo, 1987) :

Lisbonne jouissait depuis longtemps des prérogatives d'une des plus grandes et des plus superbes villes du monde ; tout concourait à persuader ses habitants que leur félicité était inaltérable [...].
Il s'éleva dès le matin un brouillard fort épais qui fut dissipé peu après par les rayons très ardents du soleil. Il ne faisait point de vent, la mer n'était troublée par aucune agitation. A 9 heures 36 minutes, tandis que tout le monde se trouvait dans les temples ou se préparait chez soi pour y aller satisfaire aux préceptes de l'Église, il se fit tout à coup un tremblement de terre si violent et si horrible qu'il terrassa en moins de trois minutes toutes les églises et tous les couvents. Un nombre infini de personnes de tout état, de tout sexe et de tout âge se retrouva enseveli sous les ruines de ces édifices sacrés [...].
Un second tremblement de terre, quoique moins violent que le premier, augmenta de nouveau la désolation. On s'imagina qu'on allait être engloutis dans les crevasses que le premier avait ouvertes de tous les côtés quelques moments auparavant. Cependant, le feu prend dans les églises, dans les palais et dans les maisons qui se trouvaient abandonnés et presque détruits. Un vent du nord s'élevant et soufflant avec impétuosité rend l'incendie général [...].
La mer parut jalouse de ce que les hommes la croyaient moins à craindre que la terre et le feu, loin de secourir ceux qui se confiaient à elle et qui se jetaient à corps perdu dans les premiers bateaux qu'ils rencontraient, elle vomit tout à coup des tourbillons d'une eau noire et épaisse qui semblaient sortir de ses plus profonds abîmes après s'être gonflés d'une manière surprenante. Les flots en courroux retournent avec la même précipitation vers la mer [...]. Ce flux était si rapide que l'on s'attendait à voir le fleuve [l'embouchure du Tage] à sec [...].
L'incendie prenait cependant de nouvelles forces et s'étendait de l'orient au couchant, consumant de tous côtés, avec les meubles, les cadavres des morts et les corps des estropiés. Une infinité de bateaux et de barques, des vaisseaux même, périssent au milieu des eaux par le feu. Les malades écrasés sont consumés dans les hôpitaux, les criminels dans les prisons [...].
Pendant plus de quinze jours, le feu fut par toute la ville, et les tremblements de terre se firent sentir tous les jours jusqu'au 18. Le plus fort fut celui du 8, à 6 heures du matin [...].

02/11/06 - 12:24

2 novembre: naissance de deux immenses personnalités du cinéma






2 novembre 1906 : Naissance de Luchino Visconti

2 novembre 1913 : Naissance de Burt Lancaster


Ces deux grandes personnalités du cinéma sont nées le même jour

Le choix de Burt Lancaster

Le producteur Goffredo Lombardo et Luchino Visconti s'étaient montrés réticents au choix de Burt Lancaster : "quoi, un acteur cow-boy, un acteur-gangster, surtout pas !". Mais l'acteur correspondait physiquement au Don Salina que le réalisateur imaginait, et celui-ci se laissa finalement convaincre par des impératifs financiers. Incarner un prince européen représentait un véritable challenge pour Burt Lancaster. Mais il était un amoureux de l'Europe et avait une grande culture de l'Italie. Il parlait notamment l'italien qu'il avait appris lorsqu'il était basé en Sicile durant la guerre. L'entente fut idéale dès leur première rencontre

 








«Ceux qui partagent le même goût
Pour la musique, le vin, la poésie
Peuvent un jour s'éloigner l'un de l'autre
Mais ceux qui partagent la même émotion
Devant la neige, la lune et les fleurs
Ceux-là se comprennent vraiment.»
Baïjuyi, poète chinois (772 - 846)]

"Je suis le faucheur ivre de faucher
qu'on voit dévaster sa vie et son champ
Et tout haletant du temps qu'il y perd
qui bat et rebat sa faux comme plâtre"
Louis Aragon, in Epilogue

«Ainsi va le monde ici-bas.
Le temps emporte sur son aile
Et le printemps et l'hirondelle,
Et la vie et les jours perdus»
Alfred de Musset - Extrait du poème A Juana

"Le signe incontestable du grand poète,
c'est l'inconscience prophétique,
la troublante faculté de proférer
par-dessus les hommes et le temps,
des paroles inouïes
dont il ignore lui-même la portée."
Léon Bloy

"Sans la musique, la vie serait un erreur"
Nietzsche.

"Les folies sont les seules choses que l'on ne regrette jamais"
Oscar Wilde

"J'adore la logique, c'est elle qui ne m'aime pas.
Vous qui tenez tellement à la virgule, c'est le point qui reste essentiel.
Je rêve... donc je fais ce qui me plaît.
Surréaliste jusqu'au bout des ongles."
E.L.T. MESENS

« Résister, c'est rêver qu'un autre monde est possible. Et contribuer à le bâtir. "
Ignacio Ramonet

"Le vent se lève! . . . il faut tenter de vivre!
L'air immense ouvre et referme mon livre,
La vague en poudre ose jaillir des rocs!
Envolez-vous, pages tout éblouies!
Rompez, vagues! Rompez d'eaux réjouies
Ce toit tranquille où picoraient des focs!"
Paul Valery



















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